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Compte rendu de l’Atelier Travail
Faire rimer fragilités et performances dans le monde du travail.
(Cette synthèse a été préparée par Pascale Levet et Joseph Sabbagh, avec l'aide de Françoise Salmon)
>>>>> Nous vous invitons à nous faire part de vos initiatives et/ou propositions d'actions à la suite de cet atelier.
Cet atelier était un pari : travail et fragilités peuvent sembler parfaitement antinomiques dans un monde de la compétition et de l'hyper-performance. Pari double : dévoiler d’abord en quoi la fragilité accueillie peut enrichir le fonctionnement de l'entreprise, lui donner une consistance humaine et authentique, canalisant les énergies ; mais aussi miser sur les expériences des participants, contributeurs ou auditeurs, en favorisant leur expression, de façon à élargir notre vision des possibles. La consigne donnée était d'allumer quelques réverbères pour demain, en tous cas ne pas chercher la pièce sous le réverbère parce que c'est là que c'est allumé mais bien en éclairant ailleurs, là où on ne va pas chercher d'habitude. Ou comment l'expérience partagée des uns éclaire le chemin des autres.
Pour faciliter le cheminement de chacun, le récit de trois expériences de nature différente et ne couvrant - évidemment - pas l'étendue des questions posées par la fragilité (les fragilités), a permis de défricher le terrain, créant des repères à partir desquels chacun a pu accrocher sa propre expérience et ses propres questions.
Nous invitons le lecteur, pour commencer, à entrer dans l'univers de la grande entreprise ; elle déploie un leadership fait de force, de rigueur, d'énergie, de moyens. Elle s'appuie sur des hommes et des femmes qui ont largement intériorisé cette injonction d'hyper-performance, y jouent une partie serrée pour être à la hauteur.
L'introduction d'une fragilité visible "touche" le système ; le récit de Véronique Jubault qui en témoigne nous montre que des systèmes complexes, réputés rigides et exigeants, présentent des brèches dans lesquelles des marges de manœuvre inattendues peuvent apparaître et se déployer jusqu'à faire "bouger" le système.
Lire le témoignage de Véronique Jubault, "Une entrée dans le monde humain"
L’expérience que raconte Gontran Lejeune fait écho au témoignage de Véronique Jubault ; en effet, c'est d'admettre authentiquement la fragilité qui crée une force nouvelle. Un dirigeant, à la faveur d'un changement brutal qui met son entreprise en difficulté, choisit une issue audacieuse : partager sa fragilité, son impuissance à imaginer des voies de sortie, et solliciter son personnel pour trouver les solutions sur la base d'un engagement fort, ne pas licencier. Les solutions viendront, nombreuses, imaginatives, ancrées dans la capacité de mise en œuvre par ses salariés.
Lire le témoignage de Gontran Lejeune, "Ma fragilité de chef d'entreprise"
Le dernier témoignage aborde frontalement la fragilité : nous sommes dans une entreprise (qu'elle ait un statut d'entreprise adaptée ne doit pas nous la faire regarder comme incomparable avec d'autres entreprises) qui a choisi de façonner une organisation du travail permettant de prendre en charge la fragilité (handicap psychique) d'une partie de ses salariés. Le compagnonnage, au cœur des principes d'organisation, permet à chacun, les plus fragiles comme leurs compagnons, de trouver dans le travail une voie irremplaçable de réalisation de soi.
Lire le témoignage d'Arnaud Desjonquières, "Comment faire rimer fragilité avec performance depuis 35 ans à Artibois"
En forme de conclusion....
Ces témoignages ont permis aux participants de faire de nombreux liens avec leurs propres expériences professionnelles ; ils leur ont ouvert des perspectives d'action et il apparaît évident aux animateurs qu'une suite est à organiser... Elle pourra planter quelques nouveaux réverbères :
- pour éclairer une réalité qui exposée, traduite et partagée dans les organisations, permet aux personnes et aux systèmes de mieux fonctionner ; en effet, la recherche de solutions prend alors le pas sur les réflexes habituels qui nient ou camouflent la fragilité.
- pour favoriser l'accessibilité à tous d'un travail constructeur de soi, que l'on soit plus ou moins fragile ; il est important de souligner que c'est un travail dans lequel la performance a toute sa place, inventant le cadre dans lequel chacun fait ses preuves tel qu'il/elle est plutôt que de structurer un cadre stérile de mise à l'épreuve.
- pour donner sa pleine dimension au travail, qui demeure une confrontation de soi à ce qui résiste (les autres, la matière, les élèves, les clients...). Cela nécessite - que l'on soit un peu fragile, beaucoup ou pas du tout - de pouvoir le mettre en discussion, de pouvoir débattre de ce qu'est le travail bien fait aux yeux de chacun. Ce regard réflexif des uns sur les autres est source de sens et de développement (ainsi renforcé par les autres, on ose changer, faire autrement, se tromper,...), au contraire d’un jugement stérile qui inhibe, qui "empêche" d'être soi.
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